Au sommet de la Montagne Sainte-Geneviève, un nouveau cercle de formation et de débats a vu le jour

octobre 11, 2013 dans Comptes-rendus, On parle de nous par paris

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Au sommet de la Montagne Sainte-Geneviève, un nouveau cercle de formation et de débats a vu le jour : le Cercle Charles Péguy.
Destiné à donner une assise intellectuelle en vue de la fondation d’une droite authentique et enraciné, le Cercle Charles Péguy n’est toutefois pas un nouveau-né. Créée à Lyon il y a cinquante ans, cette formation arrive cette année à Paris, où la soirée de lancement s’est déroulée ce jeudi 11 octobre.

Place du Panthéon, devant un public nombreux – la salle des mariages de la mairie du Ve arrondissement était bondée- Chantal Delsol, Gérard Leclerc, le ministre Charles Millon, ou encore Charles Beigbeder ont pris la parole.

La première à s’exprimer fut la philosophe Chantal Delsol, qui pointa du doigt la fracture essentielle entre droite et gauche. Tandis que la gauche se situe toujours par rapport aux Lumières, la droite dispose de références toutes autres, souvent marquées par la rupture entre droite conservatrice et droite réactionnaire.

Puis ce fut le tour de l’écrivain Gérard Leclerc, qui s’attacha à expliquer le choix du patronage de Charles Péguy. La référence peut en effet laisser perplexe l’observateur : Péguy ne s’est jamais voulu de droite : le poète était dreyfusard, militant socialiste et proche de Jaurès. Il n’a jamais renié un certain socialisme.
Mais, fit habilement remarquer Leclerc, « à gauche, aujourd’hui, personne ne se réclame de Charles Péguy ». Péguy serait-il de droite en 2013 ? En tout cas, il ne serait pas en accord avec la gauche actuelle et sa philosophie.
Militant de gauche au sein du mouvement ouvrier, Péguy se révola contre Jaurès et sa clique, lorsque ces derniers adhérèrent pleinement à ce que le poète appelait le « système combiste » (en référence au petit père Combes), c’est-à-dire à l’alliance de la République et de la métaphysique. Dès cet instant, Péguy devina les dérive sd’une gauche qui devait glisser vers le totalitarisme. Se dressant contre un certain esprit de la Sorbonne, acquise au déterminisme matérialiste, Péguy se trouva un allié en la personne d’Henri Bergson. Surtout, celui qui était alors un « in-chrétien », selon ses propres dires, se convertit à la seule vraie foi, la Foi catholique. Chrétien, d’une foi vibrante qui le mena sur les chemins de Notre-Dame-de Chartres, avant de mourir au champ d’honneur en 1914, l’itinéraire de Péguy est époustouflant. « Heureux ceux qui sont morts, Heureux les épis murs et les blés moissonnés » : le poète enraciné et converti peut faire figure de « maître absolu », d’après Gérard Leclerc.

Le chef d’entreprise et politique de l’UMP, Charles Beigbeder, insista quant à lui sur l’amour de la France qui transpire de l’oeuvre de Péguy. Déterminé à rassembler, Beigbeder voit en Charles Péguy une figure permettant de panser les plaies d’une France divisée et fracturée. « Ennemi de la bassesse et contraire de l’idéologie, Péguy nous appelle à la résistance et à l’intransigeance ». Beigbeder conclut en citant le poète : « La vertu que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’Espérance ».

Le dernier orateur fut l’ancien ministre Charles Millon. Il y a cinquante ans, à Lyon, il faisait le constat d’une droite divisée en son propre sein et incapable de répondre aux défis nouveaux. Avec d’autres, il s’était alors promis de lutter contre la division à droite : entre monarchistes et républicains, entre conservateurs et réactionnaires. Millon appela de ses voeux le développement du Cercle Péguy, à Paris en 2013, comme lieu de débats menant à la réflexion et à sa suite logique en politique : l’action. Comme disait Bernanos, un autre géant : « Les idées sont du vent, et le vent pousse le monde ».

La prochaine réunion parisienne du Cercle Charles Péguy aura lieu le 7 novembre, et sera consacrée à l’idéologie du genre, à la procréation médicalement assistée et à la gestation pour autrui.